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Karité

De la famille des sapotacées, le karité (butyrospermum parkii) est un arbre sahélien natif, présent du Sénégal au nord Cameroun et particulièrement au Burkina Faso, au Mali et au Nigeria.

Poussant de manière spontanée dans la savane arborée, doté d’une belle longévité, le karité produit à partir de quinze ans mais ne donne son plein de fruits (15 à 20 kilos) qu’au bout de vingt-cinq ans au moins. C’est alors un arbre d’une quinzaine de mètres qui n’exclut pas les cultures associées et qui, donc, abonde dans les zones cultivées, cotonnières notamment, à l’abri des feux de brousse. Fleuri durant deux mois de saison sèche, il porte ensuite des fruits, semblables à des prunes vertes à la pulpe sucrée et parfaitement comestible ; dans le fruit, un noyau à mince coque couvrant une amande blanchâtre riche en matières grasses : de là le beurre de karité, célèbre en Afrique de l’ouest pour ses qualités curatives multiples mais, avant tout, pour son utilisation dans l’alimentation quotidienne.

Les qualités du karité ont depuis longtemps -Cléopâtre en est témoin- débordé les frontières de la zone sahélienne, vantées par tous les voyageurs arabes et européens “découvreurs” de l’Afrique ; mais son utilisation première reste familiale : à partir de mai, juin, selon les régions, les fruits sont cueillis par les femmes (et les enfants qui s’en disputent la pulpe) des villages ; les noix sont concassées, bouillies ou grillées, broyées et malaxées ; le beurre ainsi obtenu, plus ou moins jaune et à la forte odeur, “huile” les repas, soigne et oint ; le surplus de noix ou de beurre est vendu sur les marchés ; il entre aussi dans la pharmacopée traditionnelle (au même titre que les feuilles ou l’écorce de cet arbre miracle.)

Tel était du moins le cycle traditionnel du karité. Car si le beurre “familial” reste d’utilisation fréquente dans de nombreuses zones, il est, notamment au Burkina, de plus en plus remplacé dans les cuisines par des huiles industrielles ; les amandes, toujours cueillies, bouillies et séchées, sont vendues à des utilisateurs artisanaux ou industriels. En fait, la fabrication traditionnelle du beurre, difficile et coûteuse, avec des résultats médiocres, disparaît peu à peu : le folklore sans doute y perd mais non, le développement. Car, d’une part, des groupements de femmes, des artisans, parfois soutenus par les acheteurs de beurres “naturels”, produisent, avec des méthodes améliorées et sur des presses mécaniques, un beurre qui n’a pas été lavé à l’eau du marigot et qui, sans perdre ses qualités intrinsèques, est de meilleure qualité. Cette production est utilisée localement à la fabrication de baumes, de crèmes ou de savons ; elle est aussi en partie importée en Europe, aux États-Unis d’Amérique et distribuée dans des circuits spécialisés ou, encore, utilisée par des fabricants de produits réputés écologiques.

Mais, désormais, la plus grande partie du karité hors consommation directe est unematière première industrielle qui est principalement exportée “brute” en Europe (et au Japon) mais qui, pour une part encore minime, est valorisée sur place dans quelques huileries à la recherche d’un complément d’activité.

De l’arbre au port -ou à l’usine-, le circuit est complexe et les intermédiaires, nombreux. Dès juillet, les acheteurs sillonnent les marchés de brousse pour acquérir auprès des femmes les amandes ; le prix est particulièrement fluctuant, en fonction bien sûr de l’offre (car la production varie d’une année sur l’autre, soit du fait d’aléas climatiques ou d’un cycle végétatif dont le principe - une année bonne, une moyenne, une médiocre - souffre de nombreuses exceptions), de la demande (qui, importante, pousse à aller cueillir loin du village) et de la concurrence rarement fraternelle que se font les acheteurs primaires, travaillant soit pour des opérateurs spécialisés soit pour des commerçants notables de la région ; dans l’un et l’autre cas, les amandes sont ensuite vendues aux quelques grands opérateurs du secteur (parmi lesquels le danois Aarhus Olie et le hollandais Loders Croklaan) dont les achats annuels se chiffrent par dizaines de milliers de tonnes, à un nombre plus grand de petits triturateurs travaillant principalement pour l’industrie du cosmétique ou aux industriels locaux.

Car, comme dans la tradition villageoise, le karité a deux usages : une faible partie (environ, cinq pour cent des amandes exportées) sert à la cosmétique où les intervenants sont innombrables et le reste, 95%, va à l’agroalimentaire où les spécialistes se comptent sur les doigts de la main…

Dans les deux cas, les amandes broyées donnent un beurre brut qui est ensuite raffiné puis fractionné ; les produits de cette transformation sont à usage multiples qu’ils soient ajoutés au cacao (la fameuse réglementation de l’Union européenne autorisant l’adjonction de cinq pour cent d’autres matières grasses végétales dans le chocolat ne semble pas avoir provoqué le boom que certains escomptaient), utilisés dans l’alimentation animale, dans la savonnerie, dans les crèmes dermatologiques, etc., chaque utilisateur ayant sa méthode et ses procédés ! Car, l’arbre miracle ne semble pas avoir révélé tous ses bienfaits ni le beurre, livré tous ses secrets…

Au Togo, le karité se trouve dans plusieurs régions septentrionales : dans les savanes de Dapaong mais aussi dans les régions de Kara et Centrale ; il est toujours d’utilisation familiale courante dans ses usages culinaires : ainsi est-il un des ingrédients indispensables de la sauce servie lors de la fête traditionnelle habyè des cantons de la Kozah ou de Doufelgou. La pharmacopée traditionnelle l’emploie pour soigner la fatigue, les douleurs rhumatismales, les plaies mais aussi en mélange avec d’autres huiles ou décoctions de plantes et de racines ; il est également largement utilisé en baume pour la peau, notamment des nouveaux-nés, ou pour oindre les cheveux dont il prévient la chute.

Comme pour les autres produits de l’agriculture et de la cueillette traditionnelles, il est difficile de connaître avec précision les quantités disponibles ; la part vendue sur les marchés est également incertaine d’autant que depuis quelques années des acheteurs ghanéens viennent surenchérir sur les prix offerts par les acheteurs locaux ; mais l’inverse est aussi vrai de sorte que les chiffres fournis par les sociétés du secteur ou par les statistiques officielles ne reflètent ni la production globale ni celle entrant dans les circuits monétisés : l’étude de la filière karité, menée en 2000 par le cabinet ADA pour le compte du Fonds Européen de Développement, estime à plus de cinq millions les pieds existants dont 52% fructifères ; à 77.000 tonnes, la production totale de fruits frais et à près de 28.000 les amandes disponibles ; un peu plus de la moitié des fruits serait effectivement cueillie et près de 6.000 tonnes d’amandes se retrouveraient sur le marché.

Plusieurs groupements villageois et quelques artisans fabriquent du beurre utilisé en savonnerie ou en cosmétologie locales ; Nioto apporte son soutien à certains d’entre eux et a collaboré avec l’Université de Lomé pour mettre au point des crèmes désodorisées ou parfumées.

De même notre entreprise fabrique-t-elle du beurre en quantités variables depuis le début des années quatre-vingt-dix ; mais la crise de 1994 et les difficultés d’écoulement auprès de laboratoires, intéressés par de petites quantités, nous a fait préférer la recherche d’un accord avec les intervenants majeurs de l’agroalimentaire ; c’est ainsi que, depuis 2000, Nioto travaille avec Loders Croklaan pour la fabrication du beurre brut lavé.

Cependant, Nioto continue de fabriquer du beurre semi-raffiné pour quelques clients du secteur de la cosmétologie.

Pour toute information complémentaire, contacter : commerce nioto-togo.com

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